La femme est l'avenir de l'homme... et des marchands de tabac
mardi 01.06.2010, 05:02 - PAR DANIELLE BÉCU
Les Drs Thomas et Lejeune, pneumologues et tabacologues au CHA, prônent l'arrêt total du tabac. Santé
En quarante ans, les Françaises ont rattrapé les Américaines dans la contraction du cancer du poumon. Leur consommation de tabac a été multipliée par quatre depuis 1945. Foudroyant. La femme est le thème central de la Journée mondiale sans tabac déclinée hier au CHA d'Arras. Entretien avec les Dr s Daniel Thomas, pneumologue tabacologue, et Dominique Lejeune, chef du pôle santé publique et addictologie.
Hommes et femmes ne sont pas (non plus) sur pied d'égalité devant le tabagisme. « Les filles commencent à fumer plus tôt, surtout pour s'affirmer face aux autres. L'âge moyen de la première cigarette est de treize ans, l'âge minimum est de sept ans. » On comprend encore mieux que le comité de pilotage de la journée ait invité toutes les écoles publiques d'Arras à venir s'informer lundi sur le risque de fumer. Une seule, l'école La-Fontaine, a envoyé des cours moyens au CHA.
« Dix/onze ans, c'est souvent l'âge de la première bouffée. Elle suffit à faire naître la dépendance, qui va s'installer progressivement. La démarche intellectuelle du consommateur se greffe là-dessus. » expliquent les médecins.
Plus fort que l'alcool
Le stress des études, l'angoisse devant la vie, la convivialité aussi, sont capables de renforcer la dépendance. Le Dr Thomas le sait, lui qui a commencé à fumer à la fac de médecine, pour arrêter rapidement. Francine Bevencoff, cadre fomateur à l'IFSI (formation aux soins infirmiers) ne dit pas autre chose : « Trente pour cent de nos étudiants sont fumeurs en première année. Ils sont 60 % en troisième année, cela me désole vraiment. » Stress et mimétisme. « Pour se détacher, il faut avoir à l'esprit que le tabac déclenche l'addiction la plus forte, bien plus que l'alcool » reprennent en choeur les pneumologues.
Souvenez-vous du bien-être
Un bon truc, plus positif que la peur du risque, est donné par le Dr Thomas aux personnes dont le repentir n'est pas assez fort pour arrêter définitivement le tabac, : « Ne penser qu'au bien-être que vous éprouviez en ne fumant plus. » Promis, je vais essayer. « Vous savez, les femmes sont plus réceptives aux pathologies du tabac. Elles présentent un risque plus important dans le domaine cardio-vasculaire après la ménopause, à cause de la disparition des hormones qui protégeaient les vaisseaux. » Les infarctus, les AVC, l'embolie pulmonaire peuvent survenir sans aucun signe avant-coureur. On ne peut que surveiller l'hypertension artérielle. « J'en profite pour rappeler que l'association pilule-tabac est un cocktail explosif : les oestrogènes fragilisent la paroi vasculaire. » Mieux vaut donc renoncer au tabac. Blond ou brun, il y a une différence ? « Oui, le tabac blond est plus sournois parce que moins irritant. Donc l'inhalation est plus profonde et les dégâts plus conséquents. » Qu'est-ce qu'on attend pour arrêter ? En voilà des déclics !













