Un an de « rêves de dentelles » à Caudry
lundi 25.01.2010, 05:02 - PAR HÉLÈNE HARBONNIER
EXPOSITION
Une année. C'est la durée de la nouvelle exposition programmée au musée des dentelles et broderies de Caudry, inaugurée vendredi.
Ils sont venus, ils sont tous là. Face à Claire Catoire, vendredi soir, la foule de personnes - dont bon nombre de fashionistas parisiens - qui viennent de se délecter du défilé orchestré par Olivier Pétigny. Et à ses côtés, rien moins qu'un ancien dentellier devenu président de l'association, Christian Bélot, un sous-préfet, Étienne Stock, un maire, Guy Bricout, et une « bidouilleuse », Béatrice Douillet, dont les créations fantasques constellent par « boîtes » l'espace d'exposition.
Un espace, allait raconter Claire Catoire, voué à abriter pour la première fois une exposition annuelle. Un défi ? « Un parti pris » : « Nous avons sélectionné quelques joyaux de notre collection pour mettre en avant le savoir-faire dentellier caudrésien. » Un savoir-faire qui a une spécificité celle de se destiner essentiellement à la robe, au contraire d'une production calaisienne qui, même en utilisant la même mécanique, est axée sur la lingerie : « Je vous invite à aller voir ce beau musée de la dentelle de Calais... On est complémentaire. J'espère que cela va continuer comme ça », sourit Claire Catoire.
Ce sont donc des robes réalisées à partir de dentelles de Caudry, du début du XXe siècle jusqu'à nos jours, qui seront présentées jusqu'au 22 janvier 2011. Et pas n'importe quelles robes d'ailleurs : est dressée « une chronologie de la petite robe noire... Car la dentelle noire est celle qui a fait la renommée de Caudry. » Autre particularité des pièces exposées, leur caractère « intemporel » : la force d'une « très belle étoffe » selon Claire Catoire.
Autre « parti pris » de cette exposition joliment intitulée « Dentelles de rêve, rêves de dentelle », celui d'y adjoindre des « robes de princesses contemporaines » histoire de perpétuer le « plaisir » des visiteurs en donnant une traduction moderne à cette « étoffe coup de coeur ».
C'est peut-être cette volonté de s'inscrire dans son époque qui a déterminé le programme parallèle à l'exposition annuelle. Ainsi, c'est en tant que « vitrine » possible pour les industriels du secteur, et sous la bannière de l'autre savoir-faire qu'il promeut, la broderie, que le musée accueillera le 12 février le défilé printemps-été de la marque de lingerie fontenoise Secret d'Éva. Avant cela, c'est Béatrice Douillet qui expose donc ses « Bidouillages baroques » jusqu'au 16 mai, au milieu des robes (lire ci-dessous). Les 13 et 14 mars, elle « bidouillera » en direct à l'abbaye de Vaucelles, parmi les orchidées... Du 10 février au 26 mars, deux Caudrésiens, le photographe Pascal Auvé et l'artiste multicasquettes Jacques Grassart mettront en regard photos et peintures sur le thème « Tango et gotan » dans la salle des machines. À l'occasion de la Nuit des musées, le 15 mai, c'est une lecture de textes ayant trait à la dentelle qui sera donnée par la compagnie Cendres la Rouge. Le 18 juillet, Aimé Gabet viendra « chanter la dentelle de Caudry » pour la fête des Tullistes, à l'exemple d'une précédente édition au succès retentissant. Les journées du patrimoine, les 18 et 19 septembre, verront le retour d'Olivier Pétigny, mais cette fois accompagné de ses élèves de la Chambre syndicale de la couture parisienne, au cours de quatre défilés - ils exposeront au musée du 19 mai au 3 octobre. Enfin, du 6 octobre au 22 janvier, les « Jardins imaginaires » d'Emmanuelle Dupont, qui crée en dentelles des fleurs « plus vraies que nature » investiront le musée. Un programme dense mais tout en douceur... et en promesses.













