Portrait de Christelle Moquet en femme perdue... avec collier
mardi 02.03.2010, 05:05 - PAR PASCAL WALLART
Peut-on réellement jeter la pierre au premier qui dira que cette femme-là a du chien... THÉÂTRE
C'est une nature. Mais plutôt de celle qui a horreur du vide et, du coup, enfile à l'envi les bons et mauvais mots comme autant de provocations et pieds de nez aux principes.
Christelle Moquet a les mots chevillés au corps en conteuse qu'elle est... mais aussi en tant que composante acidulée de la Compagnie. Ce soir, à la maison de quartier de Thorez, elle présente « Lui » ou l'homme à travers les yeux d'une femme soumise. En somme, le contre-pied de la nature profonde de l'amazone héninoise.
On l'a connue, l'âme à nu, version confessions intimes dans le John Mitone Show, débordant d'amour avec « Min homme »... ou déployant des trésors de pédagogie lors d'ateliers-théâtre ou contes. Caméléon par nature, l'enfant du Tilloy a toujours pris la vie comme un rôle, zigzagant avec malice entre vérité en mensonge, tel un vaste jeu de marelle où l'on sauterait sans logique de la vie privée à la vie publique. « Au collège, de toute façon, elle était déjà comme ça, très difficile à suivre ! » confie Bertrand Matras, un copain d'enfance qui travaille actuellement avec elle sur... « Lui » pour lequel il a créé à pour la comédienne de dingues décors sur mesure.
« Lui », c'est le second volet du triptyque autour du couple sur lequel la jeune femme phosphore. Après avoir créé « Elle », elle s'intéresse aujourd'hui au regard de la femme sur l'homme. « Avec un postulat de départ qui est que la femme est forcément soumise, d'où le collier de chien que je porte autour du coup... et la laisse qui va avec ! » Un regard sans complaisance qui aurait a priori de quoi faire hurler les féministes de tous poils à quelques heures de la Journée de la femme. Perspective qui allume des étoiles dans les yeux de la brunette qui n'est jamais plus heureuse que lorsqu'elle fait grincer des dents. D'ailleurs, ce soir, sur la scène de la Maison de quartier Maurice-Thorez, elle offrira sa laisse à un « mâle » de l'assistance qui devrait s'en souvenir longtemps...
Les histoires d'amour finissent mal... en général
L'homme, de la nuit des temps aux années bling bling, elle en a fait un texte dont elle ne sait toujours pas s'il s'agit d'un conte ou d'un règlement de comptes. Un univers où tout est vu par un petit bout de la lorgnette pour le moins orienté où les GSM deviennent curieusement des glossaires sadomasochistes et les mails des... ah non, là on vous laisse découvrir.
Il y a eu Elle, il y a Lui et, d'ici quelques mois, il y aura logiquement Eux, l'aboutissement du triptyque. « Et ça finira mal, forcément !
» promet Christelle en citant Socrate, le doigt levé... mais ajoutant la voix basse, « je ne suis pas réellement sûre que ça soit de lui, mais qui sait ! » Et puis un secret espoir. Au bout du bout de cet éternel affrontement en trois actes, celui de voir ses mots dits publiés. Pour solde de tout... conte.
En attendant, avec son bien-aimé patron, Savério Maligno, maître incontesté en matière de mystification et de schizophrénie, l'Héninoise fera revivre le John Mitone Show, le 6 à Courrières et le 13 à Sallaumines. D'autres soirées jouissives et foutraques en perspective.













