Julie Pietri sera au salon du livre de Bondues : « J'ai vécu une histoire complexe »
jeudi 11.03.2010, 05:06 - OLIVIER LOYENS
«Ce n'est pas pour rien que j'ai écrit "Éve lève-toi", en soutien aux femmes opprimées.» SALON DU LIVRE DE BONDUES
Égérie des années 1980 avec son tube « Ève lève-toi », Julie Pietri a temporairement échangé le micro contre la plume. Auteur de Fille du silence, elle raconte son enfance marquée par la guerre d'Algérie, et revient sur sa carrière. Elle sera l'une des vedettes du salon du livre de Bondues ce week-end.
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> Pourquoi « Fille du silence » ?
« Je ne me suis jamais livrée car j'avais peur de certains journalistes mal intentionnés. Ce qui m'a donné l'image d'une fille qui ne veut pas parler. Aujourd'hui, alors que j'ai passé la cinquantaine, je suis prête à dire ma propre vérité, à montrer que je ne suis pas celle que les gens imaginaient. Je ne voulais pas faire une autobiographie sur le nombre de disques que j'ai vendus mais montrer qu'au-delà de la chanteuse à paillettes, j'ai vécu une histoire complexe. »
> Vous avez notamment vécu la guerre d'Algérie...
« Oui, je voulais apporter un témoignage sur les horreurs de cette guerre, parler de ces destructions d'immeubles qui, comme c'est le cas à Gaza, détruisent les enfances. Le fait de raconter ces choses terribles me permet de surmonter mes traumatismes et d'être en paix avec ce que j'ai vécu ».
> En parlant de traumatismes, vous évoquez votre rapport délicat avec votre mère.
« Ma mère a eu une histoire particulière, elle a été peu considérée. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que j'ai écrit Ève lève-toi , en soutien aux femmes opprimées. J'ai voulu à l'époque dénoncer le fardeau de culpabilité qui pèse sur elles. Ces femmes à qui l'on attribue le péché originel ou ces femmes dont le seul fait de voir le visage est considéré comme une insulte. Je m'aperçois d'ailleurs que le message d' Ève lève-toi n'a pas pris une ride et est toujours d'actualité. »
> Après ce succès dans les années 1980, pourquoi vous a-t-on si peu vue dans les années 1990 ?
« Avec la naissance de ma fille en 1992, j'ai un peu mis ma carrière entre parenthèses, même si je continuais à chanter tous les étés. Mais j'ai vraiment repris ma vie d'artiste en 2002 lorsque j'ai été élue « égérie des années 1980 » par un sondage, parmi une centaine de personnes. Ma victoire en 2003 à l'émission télévisée Retour gagnant m'a permis de multiplier les projets : j'ai écrit de nouveaux textes, sorti un album jazz, Autour de minuit, et j'ai chanté au Bataclan et à l'Alhambra. »
> Vous participez au salon du livre de Bondues. Qu'aimez-vous dans ce genre de manifestation ?
« J'aime les gens, le contact. Dans la mesure où j'exerce un métier public, je considère que c'est normal de donner un peu de son temps, de sa générosité. Je ne souhaite pas créer de mystère autour de moi. »
> Avez-vous envie d'écrire d'autres livres à l'avenir ?
« Pas dans l'immédiat car l'écriture de Fille du silence a été difficile. J'avais le souci constant d'écrire mon histoire de la façon la plus juste et la plus élégante possible. Par contre, toujours dans la volonté de me diversifier, je serai à l'affiche en avril d'une pièce de Feydeau, Feue la mère de madame. »
Fille du silence, Ed. Lafon, 17,95 E.













