Avec « Charade », Jeanne Cherhal s'amuse et chante un « disque hommage à l'homme »
lundi 15.03.2010, 05:05 - PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE CASTRO
La chanteuse sera sur la scène du Colisée avec La Secte humaine pour un concert plutôt rock. PHOTO MAX ROSEREAU CHANSON
La chanteuse est en tournée pour son dernier album, « Charade », composé avec l'espièglerie qu'on lui connaît mais aussi l'envie de jouer la carte confidence, en parlant d'amour et des hommes. Nous l'avons rencontrée avant sa venue au Colisée, à Roubaix, ce mercredi.
Comment avez-vous conçu ce troisième album ?
« Enfermée à double tour dans un studio pendant un an avec un ingénieur du son (Yann Arnaud) ! Au départ, notre premier contact, c'était du genre : "On bosse dix jours et on verra si ça marche." En fait, je me suis sentie très libre avec lui. Ça l'amusait beaucoup de me voir découvrir des instruments. Il m'a incitée à me mettre à la batterie de manière un peu naïve. »
Un an de solitude en studio, c'était un vrai choix ?
« Je ne peux pas vraiment travailler autrement que toute seule, sans être vue, sans être entendue ni regardée. Pour moi, le moment d'écriture d'une chanson, c'est un truc très intime que je ne partage pas avec quelqu'un d'autre, même si j'ai récemment travaillé avec Benjamin Biolay (lire le zoom). »
Comment est née l'idée des « titres charades » sur les hommes ?
« Les charades, c'était pas forcément mon truc étant enfant. Mais quand j'ai écrit la première, "Mon premier fait mal l'amour mais il est brillant", etc., le format m'a beaucoup plu. C'était pas assez costaud pour faire une vraie chanson, mais pourquoi pas en faire des interludes. Je me suis énormément amusée à décliner ce jeu-là, en faisant tous ces portraits d'hommes... »
Les charades servent à créer l'unité de l'album ?
« Elles sont des respirations mais le disque tourne vraiment autour de l'amour. C'est une sorte de disque hommage à l'homme, cet être étrange et riche (rires). »
D'après vous, le « tout », le prince charmant, il n'existe pas ?
« Non mais tant mieux, quoi ! Moi, je suis arrivée à un âge où il faut composer avec les failles et les défauts des gens, c'est ça qui est touchant. Ce qui m'intéresse chez les hommes, c'est leurs différences par rapport à nous, les femmes. »
« Mon quatrième est génial mais c'est une femme »... ?
« Ça, c'est vraiment la petite boutade (sur le titre Mon tout) pour finir le disque en beauté (rires) ! »
Ces hommes décrits dans les charades, vous les avez connus ?
« C'est que du vécu (rires) ! Je me suis intéressée aux traits de caractère que j'ai décelés chez certains. Ils n'ont pas forcément été mes amoureux. Ce sont des hommes auxquels je pense. Récemment, un des musiciens m'a dit : "Tu sais, c'est pas les hommes le problème, c'est toi !" Il a raison (rires) ! »
L'album est sorti après le début de la tournée. Pour créer la surprise ?
« C'est génial que le public découvre les chansons sur scène. Je trouve super touchant que les gens se soient déplacés alors qu'ils n'avaient pas encore entendu les morceaux. »
La scène, c'est aussi un moyen d'ajuster vos chansons ?
« Les concerts, c'est une deuxième vie pour l'album. Là, je tourne avec un groupe de rock, La Secte humaine (les ex-Little Rabbits) qui envoient.Avec eux, les arrangements de mon disque vont prendre une autre couleur. »
Vous aimez créer des atmosphères particulières ?
« Je me laisse attraper par la vibration qui passe. J'ai appelé les musiciens de La Secte humaine parce que j'avais rêvé d'eux deux nuits de suite ! Je me suis dit : "C'est quoi cette intuition ?" Je fais vachement attention aux manifestations de l'inconscient. Chaque disque m'embarque dans une atmosphère différente. Je n'ai jamais fait deux tournées avec la même équipe. Je ne suis pas très fidèle (rires). C'est aussi comme ça qu'on avance ! »
À vos débuts, on vous sentait plus sage...
« C'est aussi une question de maturité. J'ose plus, notamment dans mon propos. Le fait de parler de sensualité ou de sexualité, je ne l'au-rais jamais fait à 25 ans. Parce que j'en avais pas envie et que je n'avais pas vécu assez de trucs ! »
Par pudeur ?
« Sûrement. Ça dépend des gens mais moi, j'ai l'impression de me libérer au fil des années. Où est-ce que je vais terminer (rires)? »
Mercredi 17 mars, à 20 h 30, au Colisée, 31, rue de l'Épeule à Roubaix.25 à 8 E. Tél : 03 20 24 07 07.













