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« Moi, la sédition, j'aime ça ! », glisse Michel Fugain à sa fan, Valérie

vendredi 16.07.2010, 05:08 - PAR CHRISTIAN FURLING

 À l'initiative de la ville, Valérie Deboudt a passé une bonne demi-heure avec Michel Fugain. PHOTO MAX ROSEREAU À l'initiative de la ville, Valérie Deboudt a passé une bonne demi-heure avec Michel Fugain. PHOTO MAX ROSEREAU

ON EN PARLE

Tandis que Lezard Martien se dorait au soleil de l'hippodrome de Marcq, mercredi soir, Valérie Deboudt discutait, comme si de rien n'était, avec Michel Fugain. La fan marcquoise vivait son rêve, avec un artiste tel qu'elle l'imaginait, simple et direct.

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« Je suis toujours dans les premiers rangs, j'ai croisé son regard, mais je ne l'ai jamais rencontré. En concert, je chante, je crie un peu, mais j'attends à la sortie, sans forcer, je respecte sa vie privée », indique Valérie Deboudt, 41 ans, fan de Michel Fugain depuis vingt-trois ans.

« Vous savez, ma vie privée commence quand je mets la clé dans ma porte. Quand on a autant de kilomètres au compteur, on récolte ce qu'on a semé. Tout à l'heure, tous les passagers d'un car m'ont salué, c'est génial », sourit Michel Fugain à Valérie Deboudt, dans la loge de l'hippodrome. « C'est magnifique d'avoir participé à la vie des gens, d'avoir l'impression de ne pas être passé à côté de ses contemporains. » Valérie boit du petit lait. L'enseignante a aisément dépassé le trac qui rendait ses phrases sèches. Elle explique à l'artiste ce qu'elle a dit à tout le monde. Entre autres : « À chaque fois, il y a une chanson qui correspond à mon état d'âme... » « Sacrée responsabilité », lance Michel, 68 ans, de plus en plus fougueux au fil de la conversation. « Vous êtes généreux », glisse Sophie Rocher, adjointe. « Je suis le même sur scène que dans la vie, je ne fais pas entrer un autre sur scène », répond le chanteur mélodiste. « C'est tellement important de ne pas passer à côté des autres. La société a intérêt à nous isoler. Dans les pays totalitaires, on interdit les rassemblements de plus de trois personnes. Quand on partage des idées et des émotions, on devient dangereux. Et moi, la sédition, j'aime ça ! Si un artiste ne provoque pas, il ne provoque pas non plus d'émotion. » À Valérie qui dit sa réserve, Michel prend furtivement la main, en guise d'encouragement. Il évoque un de ses anciens chauffeurs, qui habitait à Marcq et y revenait tous les soirs. « Vous ressemblez aux Belges, nous dit-il. Pas de falbalas, pas de tricherie. » La preuve, Claude, agent de sécurité, vient poser près de lui. Deux personnes sollicitent une dédicace. Allez, Valérie, reprenez la main ! Elle le fait signer à son tour, lui offre enfin le cadeau caché dans son sac : un T-shirt « Wet Stock », made in Nord. Michel l'embrasse sincèrement.Foncièrement Belge, lui aussi. •

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