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Du projet à l'éxécution, la création fait d'elle une femme et une artiste accomplie

dimanche 18.07.2010, 05:11 - PAR MARION DALIN

 Catherine Lamacque a posé ses valises à Neuville-en-Ferrain, installant son atelier dans une ancienne menuiserie. PHOTO « LA VOIX » Catherine Lamacque a posé ses valises à Neuville-en-Ferrain, installant son atelier dans une ancienne menuiserie. PHOTO « LA VOIX »

LE VISAGE DU DIMANCHE

Lorsqu'elle travaille, Catherine Lamacque aime avoir le champ libre. Au centre de son univers artistique, il y a une recherche permanente de création. Celle qui ne se conçoit qu'en perpétuel apprentissage technique, défend au quotidien une certaine vision de l'artiste.

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En pénétrant dans son atelier, on tombe sur un buste de Camille Claudel, un autre de Marianne. Un couple d'amoureux enlacés nous tourne le dos tandis qu'une chimère côtoie un étrange bonhomme honteux, semble-t-il d'avoir été créé. La pièce est lumineuse et fait scintiller les morceaux de métal et de tôle attendant d'être chauffés, martelés et assemblés. Catherine Lamacque est dans son élément, entourée de ses créations, ses maquettes et ses esquisses. « J'adore les défis techniques » souffle-t-elle. Dessin, peinture, création de fresques de mosaïque ou taille de la pierre, elle s'attaque à toutes les matières. « En ce moment, j'apprends à travailler le cuivre. je ne veux pas être limitée par la technique mais ce qui m'intéresse, c'est de créer. La technique ne vient qu'en support », insiste-t-elle.

Le cuivre est le principal matériau qui composera la sculpture que la ville d'Halluin lui demande de réaliser pour la fin de l'année pour sa jumelle allemande Oer-Erkenschwick, dans le cadre de la nomination d'Essen, capitale européenne de la culture. « Trouver une idée originale pour réaliser un mémorial sur la torture n'est pas évident. Le défi m'a plu. Je voulais quelque chose d'optimiste qui rappelle que c'est la solidarité humaine qui permet d'en sortir », explique-t-elle. Son état d'esprit et ses idées ont séduit le maire d'Halluin, qui lui a confié la mission.

Grâce aux subventions des différentes villes, Catherine Lamacque rentrera tout juste dans ses frais mais elle a accepté de réaliser ce mémorial. Il faut dire qu'on lui a laissé carte blanche. « Je ne suis pas une exécutante. j'aime pouvoir mettre ma patte. Le travail artistique est un travail intellectuel, certes, mais un Homme, pour être complet, doit être capable de rêver, d'intellectualiser et de rendre concret. » Les pieds sur terre mais la tête bourrée de projets, l'artiste ne s'arrête pas beaucoup et avoue travailler souvent le week-end. « J'ai beaucoup ralenti mon rythme lorsque mes trois enfants étaient jeunes. Ma priorité était alors de les élever. » Pendant des années, elle n'a pas non plus hésité à suivre son mari, déménageant souvent et s'investissant toujours dans chaque nouveau lieu de vie. « Heureusement, je ne suis pas associale », plaisante-t-elle. Partout, Catherine Lamacque a reformé son réseau. Le changement ne lui fait pas peur, elle lui tend les bras, se formant sans arrêt.

Diplômée de l'école nationale d'Art de Cergy-Pontoise au début des années 80, l'artiste de 53 ans a été monitrice de ski, dame de compagnie, peintre en bâtiment ou enseignante de français. Sans attache à l'époque, elle a enchaîné ces petits « boulots alimentaires » et voyagé de Londres à la Nouvelle-Zélande pour apprendre à bien parler anglais. Sa culture artistique, Catherine Lamacque en est certaine, elle ne l'a appris dans aucune école.

« Il ne suffit pas d'apprendre des techniques à des étudiants pour en faire des artistes », avance-t-elle. Tenant mordicus à « rester libre dans (son) travail », elle a toujours préféré être à son compte.

Depuis 2003, elle a posé ses valises à Neuville-en-Ferrain mais continue à voyager. Dans un mois, l'artiste sera en Chine pour participer à une rencontre internationale, un symposium autour de l'automobile. « Je dois correspondre au cliché que les Chinois ont de la France et j'en suis fière. Ça prouve que je suis ancrée dans ma culture. Je me dis que je corresponds à ce que les étrangers imaginent qu'on aurait pu devenir . » •

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