Une artiste sur la route qui relie les Béthune d'Amérique
dimanche 18.07.2010, 05:02 - PAR CHRISTIAN LARIVIÈRE
Kristina Solomoukha photographiée par Trey Burns qui l'accompagne aux États-Unis. LE VISAGE DU DIMANCHE
Béthune ne lui disait rien. Pendant un mois, Kristina Solomoukha va filmer trois ou quatre villes qui portent ce nom. De l'autre côté de l'Atlantique. L'artiste s'envole aux États-Unis pour y tourner un film vidéo que l'on verra en janvier à Lab-Labanque. Une sorte de bande annonce de la capitale régionale de la culture.
En cette fin de semaine, elle a bouclé ses bagages. « Je ne connaissais pas Béthune. J'en ai entendu parler par Philippe Massardier, le directeur du service culturel d'Artois Comm., que j'ai rencontré à une exposition. Il m'a proposé de faire une vidéo sur les Béthune américaines », raconte avec une pointe d'accent russe cette femme née il y a un peu moins de 40 ans à Kiev où elle a passé la moitié de sa vie. Grande voyageuse ayant vécu à Berlin, à Montréal, à New York, à Sao Paulo, elle enseigne aujourd'hui à l'école des Beaux Arts de Rennes. La fille du photographe Anton Solomoukha s'est fait un prénom. Et elle a attiré l'attention par des portraits de villes qu'elle expose au fonds national d'art contemporain, dans les fonds régionaux, à l'artothèque de Bonn et dans des galeries internationales.
Les cousines américaines de la cité de Buridan ne font pas forcément rêver les plasticiennes qui, comme elle, se passionnent pour les relations entre l'architecture et l'art contemporain. « Ce sont des villes minuscules. Il n'y a probablement pas grand chose à y voir. Je souhaite y travailler sur les différentes façons d'aborder une ville. Par exemple, la survoler en hélicoptère pour une approche par la topographie », indique Kristina. « L'idée, c'est de traverser les États-Unis, avec toute la mythologie que cela véhicule », explique une artiste ayant déjà bouclé un Atlanta-Los Angeles. Cette fois, elle part avec Colombe Marcasiano, Terence Meunier et Trey Burns, des amis artistes, pour un périple en voiture qui passera par la Caroline du Sud, le Colorado et la Californie.
Pour le retour en Europe, Kristina a choisi le voyage en cargo : vingt jours de mer entre New York - peut-être après une halte dans la Bethune street de Manhattan - et Algésiras. « C'est toujours la mythologie américaine. Les gens arrivaient à New York en bateau. Nous, on va en repartir », sourit-elle en ajoutant que le temps de la traversée sera consacré à un premier travail sur les rushs. « On commencera à travailler au montage. On digérera ce qu'on a vu. Et puis, la traversée en cargo permettra de se reposer un peu. » Le récit de voyage en images sera présenté au premier trimestre 2011 à Lab-Labanque. « Nous avions pensé à cette exposition dans le cadre de la capitale régionale de la culture. Finalement, elle se fera un peu avant », indique Philippe Massardier. Les Béthune d'Amérique filmées pendant cette sorte de résidence d'artiste itinérante en constitueront la bande-annonce.













