L'art du verre
vendredi 19.03.2010, 17:08 - Jeff Levalleux
Aurélie Kirtz crée bracelets, sautoirs et autres magnifiques perles. Photo Johan Ben Azzouz Créations
Deux femmes nordistes créent bijoux et vitraux avec leur matériau de prédilection, le verre.
La flamme d'Aurélie
Elle a fait les Beaux-Arts de Nancy avant de se lancer dans la sculpture sur plâtre, sur bois et sur métal. Le verre vient dans la foulée par une irrépressible envie de se spécialiser, « d'approcher un monde complexe qui demande beaucoup de concentration. » Aujourd'hui, Aurélie Kirtz n'a pas terminé d'en découdre avec ses baguettes colorées « qui engendrent des bijoux d'une brillance comme aucun autre matériau. Avec des nuances très marquées selon qu'on les porte l'été ou l'hiver. » Samatière première, tout droit importée de Murano, elle la travaille au chalumeau à 1100°C « tout ça sansgant, car il faut de la précision » avant de la transformer en bracelets, sautoirs et autres magnifiques perles. « Jefonctionne par thème. Celui de l'enfance est très présent dans mon univers. J'imagine des champignons, des fraises, des nuages », explique-t-elle. Naïves et particulièrement bien soignées, les créations d'Aurélie Kirtz se retrouvent sous la marque TotemiK. Une ligne visible de loin.
Retrouvez les créations d'Aurélie Kirtz sur http://totemik.blogspot.com ou au Petit Bassin, laboratoire de créateurs, rue de l'Espérance à Roubaix.
Recoller les morceaux
On est en 2010. Je vous confirme que le beau est retapé avec dix ans de retard. » Fin 1999, une gigantesque tempête balaye l'Europe. Alors que les autorités remplacent en toute hâte des milliers d'arbres déracinés, des tonnes de vitraux fracturés, plusieurs fois centenaires eux aussi, s'empilent dans des caves humides. Pour Caroline Bauet, alors en première année aux Beaux-Arts d'Arras, la catastrophe déclenche sa vocation. « Le malheur des uns a finalement fait mon bonheur », a-t-elle coutume de dire. Depuis cinq ans, la jeune femme s'active dans son atelier Verre Nature à Erquinghem-Lys. Les vitraux brisés d'estaminets, d'églises et de bâtiments publics deviennent vite son principal fonds de commerce. Avec ceux qu'on trouve dans les maisons bourgeoises et dans les villas de front de mer. « Chaque pièce nécessite d'être travaillée avec minutie », dit-elle. À la fois historienne de l'art, dessinatrice et artisan verrier, Caroline Bauet reconstitue des puzzles avec trois fois rien. Un petit marteau, une molette et des baguettes de plomb. Martelé, opalescent, soufflé ou antique, le verre utilisé redonne vie à une uvre qui « est toujours un peu l'âme d'une demeure. »













