Martine, de la BA 103 à la maroquinerie
dimanche 07.02.2010, 05:03 - PAR MARIE-CAROLINE DEBAENE
UN VISAGE, UN JOUR
Martine Lemaire, ex-salariée de la BA 103, s'est reconvertie dans la maroquinerie, sellerie, bourrellerie
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Martine Lemaire a de l'or au bout des doigts. Depuis toujours d'ailleurs. Il y a deux ans et demi, l'ancienne salariée de la BA 103 démissionne de l'armée de l'air pour créer, à 47 ans, son « Atelier du rond de cuir » à Aubencheul-au-Bac. Spécialiste en sellerie, bourrellerie, maroquinerie, cette passionnée déborde d'idées.
On se prendrait presque pour un éléphant dans un magasin de porcelaine lorsque l'on se « faufile » dans l'étroite caverne d'Ali Baba de Martine Lemaire. Des machines à coudre, des bobines, des fils colorés un peu partout et puis cette matière première si noble, « sensuelle » pour cette amoureuse du travail bien fait, devenue auto-entrepreneuse depuis peu.
Son atelier, Martine Lemaire, ancienne responsable du bureau sécurité sociale de l'armée de l'air à la BA 103 durant dix-huit ans, en rêvait. « Je m'éclate depuis toujours lorsque je réalise des choses avec mes mains. Ma grand-mère maternelle, ancienne couturière, m'a donné la fibre des travaux d'aiguille. » Tellement passionnée qu'à l'âge de 14 ans, sa mère lui offre des cours du soir de coupe et de couture à Cambrai. « J'étais la plus jeune. J'ai tout appris. Je savais même recouvrir des fauteuils. » L'adolescente projette d'intégrer une école de stylisme à Paris mais ce sera finalement une entrée au concours de la fonction publique. Plus rassurant pour sa famille. En 2007, cette mère de trois enfants s'émancipe et se lance dans sa reconversion : la création d'un atelier de cuir. Une matière que cette cavalière émérite a pris l'habitude « de bricoler » pour réparer son matériel d'équitation et celui de ses amis. « L'idée de créer mon atelier ne m'avait jamais quittée. Je ne voulais pas avoir de regrets. Lorsque j'ai fait ce choix, je n'avais pourtant pas eu vent de la fermeture de la base aérienne. J'ai eu raison de le faire. À partir de ce moment-là, tout m'a souri ! » Car si Martine est douée, elle n'a pas « de bases professionnelles ».
Et ce sont deux bonnes fées qui vont se pencher sur son berceau artisanal, ses « protecteurs » comme elle aime les appeler, deux Meilleurs ouvriers de France. Il y a d'abord Bernard Steff, octogénaire de Niergnies, ancien sellier-gainier à Paris. « Il travaillait à l'Élysée. Il a même refait l'intérieur d'avions pour les Émirats arabes. Bernard m'a appris à parer le cuir, à l'affiner, à faire des raccords... » Ce maître lui présente l'un de ses amis, ancien sellier-maroquinier qui a fini sa carrière chez Hermès. « Il m'a appris le beau travail, les belles finitions, la façon de consolider un sac à main dans la tradition française. Petit à petit, ça m'a plu, il m'a donné le goût du sac à main. »
Selle, sacs à main, médiéval...
Depuis deux ans et demi, selon ses envies et ses coups de coeur, Martine dessine elle-même ses croquis, crée ses patrons, choisit ses cuirs pour réaliser des sacs à main en tous genres. De jeunes stylistes parisiens viennent d'ailleurs de lui commander dix sacs de voyage. « J'ai pleins d'idées. Je n'ai pas de modèle suivi ou je crois que je m'ennuierai. À chaque fois que j'en réalise un, je suis un peu comme une élève qui passerait un examen. Je suis fébrile. » Dans son atelier, ce sont aussi des selles pour chevaux, du matériel d'équitation (enrênement, harnais, muserolle...) qui prennent vie. Suite à plusieurs demandes, elle s'est aussi spécialisée dans les articles médiévaux (escarcelle, bourse, étui à scramasaxe, ceinture et bientôt chaussures médiévales). « Je refais aussi des selles pour des anciennes motos. » On peut aussi lui commander du sur-mesure ou faire réparer des articles. Une reconversion plus que réussie !
Atelier du Rond de cuir, 11 rue de Fressies à Aubencheul-au-Bac. Tél : 06 17 65 74 88. Site internet : http://atelierduronddecuir.free.fr - Martine Lemaire sera présente au Salon des métiers d'art, salle de la Manutention, à Cambrai en mars.













