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Marjorie Van Halteren, peintre sonore, invite les habitants à s'amuser du bruit

mardi 16.02.2010, 05:06 - JENNIFER-LAURE DJIAN saintomer@lavoixdunord.fr

 Marjorie Van Halteren, avec ses noix de coco. Elles lui servent à créer du son, donc de la musique. Marjorie Van Halteren, avec ses noix de coco. Elles lui servent à créer du son, donc de la musique.

RENCONTRE

Du théâtre à la radio aux cours dans les écoles d'ingénieurs, Marjorie Van Halteren transmet sa passion du son.

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Metteur en scène de pièces de théâtre pour la radio dans les années quatre-vingt à New York, Marjorie Van Halteren continue d'émettre, quelques fois, sur la BBC anglaise. Le reste du temps, elle est professeur dans deux écoles d'ingénieurs lilloises et fait du son une passion qu'elle transmet.

Elle est venue deux fois déjà, pour des ateliers, à l'association d'art contemporain audomaroise Espace 36, Marjorie Van Halteren. C'était au collège de l'Esplanade pour y écouter le bruit. Celui de l'école, le brouhaha de la cafétéria, les professeurs qui élèvent la voix, la cloche qui célèbre, au choix, le début ou la fin de la classe. « C'est ce qu'il y a de plus puissant, assure l'artiste dans son français teinté d'américain.

Avant, il y a un silence attentif à la fin des cours et, après, un bruit extraordinaire. La sonnerie, c'est quelque chose de très attendu, elle implique de l'émotion. » C'est ce qui intéresse Marjorie Van Halteren. Ce qu'évoque le son. « À l'école, on tente d'imposer le silence. Mais pour les élèves, le silence c'est la mort, le bruit c'est la vie. » Chacun puise, dans le son, la définition qu'il souhaite. Elle, c'est à travers le théâtre qu'elle s'en est amourachée. Metteur en scène de pièces de théâtre pour la radio new-yorkaise pendant vingt ans, elle a continué un peu en arrivant en France, pour la BBC radio 3 notamment. Les ondes sont devenues trop formatées, « je me suis plus intéressée au problème de la programmation » et Marjorie Van Halteren a dévié vers une pente plus expérimentale. « J'ai bricolé pendant quelques années. »

Et puis Marjorie Van Halteren a tissé des liens avec l'Espace 36 et a exposé sa première installation sonore, l'année dernière. Elle avait créé un petit espace noir dans lequel on pénétrait pour se poser un casque sur les oreilles et écouter six minutes de sa création. « C'est un peu comme un message dans une bouteille, ce que j'aime beaucoup, c'est que ce n'est pas comme à la radio où on ne peut pas contrôler les gens. Là, il fallait s'arrêter, se poser pour écouter. » L'ensemble est assez subjectif. « Ce n'est pas uniquement le son qui m'intéresse mais le fait de le manipuler. Je le capte et je le retravaille, je fabrique des sons. » Marjorie Van Halteren se définirait volontiers comme une peintre sonore. « Mon travail est de plus en plus difficile à séparer de la musique , commente-t-elle. Je suis sur le même territoire que beaucoup de musiciens. » Elle se propose de permettre aux néophytes de faire de même au cours d'un atelier à l'Espace 36, le samedi 6 mars (lire encadré ci-contre). Avec des tuyaux d'aspirateur - « mon instrument préféré » -, des paquets de maïzena - « pour faire le bruit de la neige » - ou des noix de coco. « Ce n'est pas l'école, c'est juste un atelier de découverte, dit-elle. Il faut concevoir ça comme un amusement. » Qui crée de drôles de bruits. Surtout quand Marjorie Van Halteren vocalise dans son tuyau. Ce qui l'a fait bien rire. •

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