Danseuse de hip-hop dans un monde de mecs
dimanche 28.02.2010, 05:05 - PAR MARC LE TELLIER
HIP-HOP
L'Hazebrouckoise Anaïs Vaneste, 16 ans, une humilité sincère, un caractère affirmé. Il en faut pour s'approprier l'univers de la danse hip-hop.
Dans le monde des « battles », ces joutes artistiques codifiées à l'extrême, l'Hazebrouckoise est surnommée « Xena », référence à la guerrière de série télévisée. Au CSE, ses progrès épatent. Portrait.
Quelques grammes de finesse... Stop ! Mieux vaut éviter le cliché : Anaïs Vaneste, unique représentante féminine du groupe hazebrouckois Subskick, en a une sainte horreur. « Il nous arrive de nous entraîner l'été sous les arcades de l'hôtel de ville. Certains nous évitent, ils passent leur chemin. Ils doivent avoir peur, se dire "c'est quoi ces gros bras avec des casquettes à l'envers ?"Alors que les garçons ne feraient pas de mal à une mouche. »
Des abdominaux au petit-déj'
Le couvre-chef colle à la mode hip-hop, d'accord. Pour les muscles, l'explication réside dans l'entraînement intensif auquel s'astreignent ces athlètes. Dans le planning d'Anaïs, élève de 1re ES au lycée des Flandres, la danse, et ses corollaires directs (musculation, course à pied...) représentent plus de quinze heures hebdomadaires. Et quelques rituels surprenants chez une adolescente : cinq séries de vingt abdominaux au petit-déj', précédées d'exercices d'équilibre, une heure de footing le vendredi pour « le mental et l'endurance »... « Mes parents m'avaient dit en riant que je ne tiendrais pas. À force de m'entraîner, j'attrape du caractère. Attention ! Je suis encore à un tout petit niveau. » L'expression revient comme un leitmotiv lors de l'interview. Céline Buysseschaert, responsable des ateliers de danse au CSE, vante à l'inverse « d'énormes progrès en très peu de temps », grâce à une « ténacité » hors normes.
La benjamine du battle disputé hier soir à l'espace Flandre (lire aussi en page 11) est venue au hip-hop voilà deux ans et demi par goût de la performance sportive. Au contact de ses professeurs, les Bailleulois Steve De Sousa et Rashead Amenzou, elle apprend toutes les subtilités d'une pratique régie par des codes précis depuis son avènement dans les années 80 à New York (lire ci-dessous). En moins de trois ans, l'Hazebrouckoise s'est fait sa place dans la spectaculaire cour des garçons, en break. Elle prend grand soin de « ne pas mimer » : « Je continue les cours de danse debout pour rester "fille". Je considère cela comme un atout. Je me démarque d'eux. » Niveau engagement, la benjamine de l'équipe n'a rien à leur envier : « Aller chercher les gens, faire du one-one(du un contre un) me motive. » Elle s'adonne à l'exercice avec juste ce qu'il faut de provocation pour, à la fois faire le spectacle, et respecter les règles de la battle. « C'est une danse difficile, on est tous passés par des très petits niveaux. Le hip-hop enseigne le respect. Un art de vivre. »













