Lydia, mécanicienne, heureuse d'exercer « un métier d'homme »
dimanche 07.03.2010, 05:04 - PAR ÉLODIE LÉCADIEU
Adolescente, Lydia s'intéressait déjà à la mécanique. UN VISAGE, UN JOUR
Il existe encore aujourd'hui de véritables fossés entre métiers dits masculins, et d'autres dits féminins...
...Même si certaines professions tendent à s'uniformiser, on est loin d'atteindre la parité. Rencontre avec Lydia Pringué, 24 ans, mécanicienne dans un garage automobile à Roost-Warendin.
On s'en doutait un peu, travailler dans un garage automobile ne fait pas la part belle à la french manucure et aux talons aiguilles. Polaire noire sur les épaules, bleu de travail, Lydia, 24 ans, est l'une des trois personnes qui font tourner le garage Peugeot de la zone d'activités de la Belleforière, à Roost-Warendin. Une petite équipe, certes, mais elle est la seule femme. Pas vraiment un problème pour Lydia. « Quand j'étais adolescente, je n'avais que des amis garçons, qui passaient leur temps à bidouiller des moteurs, faire tourner leurs scooters. Je ne faisais que regarder mais ça m'intéressait. » se souvient Lydia. « Moi ce que je voulais faire, c'était prof de sport. Il me fallait un métier qui bouge, je ne peux pas rester assise sans rien faire. » Mais devant le manque de débouchés, elle décide d'arrêter ses études, puis de suivre une formation qualifiante pour adultes en mécanique automobile. Peu de théorie et beaucoup de pratique, pour faire dans l'année deux fois quatre semaines de stage en entreprise. « On est tout de suite livrés à nous-mêmes, on apprend vite par soi-même et on doit montrer ce qu'on est capable de faire. »
Sur 30 personnes qui suivaient la formation, seules 5 étaient des femmes. Trois ont réussi le parcours, mais Lydia est la seule qui a continué dans cette voie, en commençant par un premier contrat dans un garage à Faches-Thumesnil. « J'étais la seule fille, et ils n'ont pas toujours été très tendres avec moi. Un de mes supérieurs me prenait vraiment pour la femme de ménage. » Trop peu pour qu'elle envisage de changer de métier. Six mois plus tard, elle revient travailler sur son lieu de stage, où elle est toujours. Et elle ne voit pas ça comme un métier d'homme. « C'est vrai que j'ai moins de force, même si je ne pense pas en être totalement dénuée. Donc parfois j'appelle mes collègues quand j'ai besoin de muscles sourit-elle. Quand on exerce un métier comme le mien, dans un monde masculin comme celui-ci, il faut ne pas être trop sensible ou susceptible, mais plutôt avoir une façon de penser qui s'approche de celle des hommes. Ils savent que si l'un deux dit quelque chose d'un peu macho, je vais réagir, mais je pense que tout le monde prend ça avec humour. Même moi, j'arrive à les surprendre avec des réflexions qui ne font pas très "fille". » Lydia s'en amuse. Elle ne fait pas un « métier de femme » ? Elle s'en fiche. Qu'on lui dise qu'elle n'est pas féminine ? Elle s'en fiche aussi. « On peut me dire n'importe quoi, ça me passe au-dessus. Je m'habille avec des vêtements pour homme, j'ai une allure plutôt masculine, je ne porte pas de jupes. J'ai toujours été garçon manqué, mais j'ai ma part de féminité ! ».
Aujourd'hui, elle affirme avoir plus d'amies filles que garçons, mais ce n'est pas pour cela qu'elle change. Mécanique, sports en tout genre, voilà ce qui la motive. Et ce n'est pas pour ça qu'elle ne fait pas de shopping.













