Sylvie Robayes, la super-nanny des chevaux
mardi 09.03.2010, 12:07 - PAR J.-H. MABILLE DE PONCHEVILLE
Sylvie Robaeys explique ce que ressent un cheval, comment il perçoit son environnement, sa façon d'apprendre etc. ÉDUCATION
Le hameau s'appelle la Folie. Sur la commune de Bezinghem, à proximité de la vallée de la Course...
...Dimanche une douzaine de cavaliers y apprenaient à parler à leurs chevaux. Avec une enseignante hors pair, Sylvie Robayes, qui non seulement parle la langue des humains mais comprend aussi celle des chevaux !
Dans le manège de Christian Cannesson, éleveurs de purs-sangs anglais et arabes, Sylvie Robayes conduit un cheval tout en s'adressant aux cavaliers qui font face à leur monture : « Il est stressé, on le voit... Je ne le tiens pas, je le laisse faire une erreur... Il s'arrête, je m'arrête... Il n'a pas le même champ visuel que nous, il ne voit pas la même chose...Je suis relâchée... Est-ce que vous êtes clairs pour le cheval ? Pour lui, ou bien vous voulez quelque chose de lui ou bien vous ne voulez rien. » C'est ce qu'on appelle la sensibilisation du cheval ou, au contraire, si l'on ne veut rien de lui, la désensibilisation. Dans ce cas-là, il n'a paspeur quand on bouge autour de lui. Il sait qu'il n'est pas concerné.
Sylvie Robayes est spécialisée en éthologie, c'est-à-dire dans le comportement animal. Elle excelle à débourrer les chevaux dans un premier dressage (« Le dressage, c'est les muscles, l'éthologie, c'est le cerveau... ») ou à se faire obéir des chevaux qui ont des problèmes comportementaux.
Elle rappelle que voilà cinq millions d'années que les chevaux galopent et six mille ans seulement qu'ils sont domestiqués : « Un cheval n'attaque pas de lui-même. Pour échapper à leur prédateurs, les chevaux ne se battent pas, ils fuient. Leur seule survie, c'est de galoper. Ils sont taillés pour la course... » Mais pas vraiment pour rentrer dans un van : « Ils n'ont pas la même vue que nous et ils sont claustrophobes de nature! » Le stage auquel participent les douze cavaliers est organisée à la demande du Groupement d'éleveurs des chevaux d'endurance, le GECE. L'entraînement d'endurance (« Faire passer progressivement un cheval de 20 kilomètres à 160 par jour... ») est une autre spécialité de Sylvie. C'est elle, par exemple, qui entraîne les chevaux de Vincent Dupont, habitant de Condé-sur-Escaut et l'un des meilleurs cavaliers d'endurance en France, présélectionné pour participer aux jeux équestres mondiaux, dans le Kentucky, en septembre prochain.
Le cours se poursuit. « Soyez progressifs... Là, il apprend... Est-ce que tu n'as pas peur de moi ? Elle n'aime pas le coin du manège. Vous avez vu ses oreilles ? Comment vais-je faire pour qu'elle y aille ?... Souvent l'erreur vient de nous. le cheval n'a pas pu vous lire. Les chevaux ne se parlent pas entre eux, ils se lisent. C'est à nous d'apprendre leur langage et pas à eux d'apprendre le nôtre... » Sylvie Robayes montre que nous ne sommes pas toujours très logiques avec les chevaux : « On leur apprend à sauter l'obstacle mais on ne veut surtout pas qu'ils sautent la barrière de leur paddock ! C'est incompréhensible pour lui. Donc il hésite devant l'obstacle parce que dans sa pâture, il n' a pas le droit de sauter... » Au fil de dizaines de remarques semblables, les cavaliers regardent leur compagnon avec un oeil tout neuf et commencent à l'accepter pour ce qu'il est : un cheval, pas un homme !













