Dominique Tétart, responsable de 32 centres de distribution des Restos du coeur
mercredi 17.03.2010, 05:03 - PAR MATTHIEU BOUTON
Dominique (à gauche) et l'équipe de bénévoles dans les locaux de l'association des Restos du coeur. RENCONTRE
La campagne d'hiver des Restos du coeur s'achève dans deux semaines. L'association départementale de Rousies tire un bilan et prépare déjà l'inter-campagne qui reprend dès le mois d'avril. Dominique Tétart, présidente, nous explique son travail et son engagement.
La trêve des Restos du coeur s'efface de plus en plus face aux nécessités de la population. « C'est une tendance qui se généralise », constate Dominique Tétart, présidente de l'association départementale Sambre-Avesnois des Restos du coeur. Si la campagne d'hiver s'arrête le 26 mars, c'est pour mieux préparer l'inter-campagne qui débute en avril et se termine en octobre, pour mieux reprendre... le 1er décembre. Finalement, l'action des Restos s'interrompt deux mois sur douze. « Mais les trente-deux centres de distribution ne font pas tous l'inter-campagne », précise Dominique. Tout de même...
500 bénévoles
La particularité des Restos, c'est bien connu, c'est ses bénévoles : « Sur le secteur de la Sambre-Avesnois, il y a une seule salariée, la secrétaire comptable, et cinq cents bénévoles qui ont les Restos dans l'âme. » Une petite entreprise de passionnés qui demande beaucoup d'investissement : « C'est pratiquement un travail à plein temps. Avec 8 360 bénéficiaires, on est un des plus gros centres de France. » Le Nord - Pas-de-Calais draine à lui tout seul 25 % des dons des Restos du coeur... Dons qui, pour le secteur, transitent tous par le centre stratégique de Rousies. C'est de là que Dominique orchestre avec son équipe la répartition des denrées alimentaires en provenance de Paris vers les lieux de distribution.
Ancienne directrice d'école, à Assevent, la retraite à 55 ans lui semblait un peu précoce. Dominique s'est investie directement dans les Restos et, depuis deux ans, préside l'association avec une directive qui semble bien justifiée : « Les relations humaines, c'est ça qui tient. Parfois c'est difficile, mais on a beaucoup de satisfaction avec les bénéficiaires et les bénévoles. » Pour l'association qui termine cette campagne, l'heure est au bilan. La fréquentation n'a augmenté que de 4,5 % par rapport à la campagne précédente, mais les bénévoles ont noté l'arrivé de nombreux nouveaux visages : des jeunes, des travailleurs pauvres, des personnes seules. Où sont passés les « anciens » alors ? « On pense que le papy boom et le RSA y sont pour quelque chose. Les personnes qui touchaient les minima avant leur retraite ont maintenant le revenu minimum de vieillesse et passent au-dessus du barème. C'est pareil pour les travailleurs pauvres qui touchent le RSA. » Alors, sans être victime de la crise et de la précarité croissante, les Restos du coeur sont-ils victimes des réformes sociales ?













