L'art floral pour passion, la nature pour atelier
dimanche 21.03.2010, 05:07 - PAR PHILIPPE LEROUX
Emmanuelle Leblanc a créé cette robe entièrement en végétal. De quoi fasciner une petite fille, qui écoute ses explications. UN JOUR, UN VISAGE EMMANUELLE LEBLANCARTIS
« C'est arrivé comme une flèche » : un regard sur une structure d'osier, et Emmanuelle Leblanc a su ce qu'allait être cette robe végétale qui semble chanter la nature et qu'elle s'apprêtait à créer. C'était en vue de l'exposition Robes rêvées, qui se tient actuellement au Colysée de Lambersart et où elle est présente. Au-delà d'une passion, l'art floral apparaît chez Emmanuelle comme une source de sérénité. Elle en a aussi fait un métier. Rencontre.
Native de Wavrin, Marquettoise d'adoption, maman d'un petit garçon, Emmanuelle Leblanc a fait la plus grande partie de sa carrière professionnelle dans la communication, dans la stratégie marketing Internet. Et puis elle a décidé de tout plaquer, pour embrasser un métier d'art et créer sa propre boîte, Adahy, un univers peuplé par la nature.
Qu'est-ce qui vous a mené à ce virage vers l'art floral ?
« Je souhaitais un travail en prise avec le public et la création. À l'adolescence, je voulais faire Saint-Luc, à Tournai. Je n'ai pas osé. J'aurai attendu d'avoir 34 ans pour me lancer dans la décoration florale. »
La passion est ancienne ?
« Oui. Elle me vient de la campagne, des grands espaces, qui font se côtoyer le végétal et le minéral, qui offrent ces vibrations dont j'ai besoin.
Ça manque, dans les habitats. Le floral m'apaise, l'observation de la nature m'apprend à me tempérer. »
Quand avez-vous lancé votre entreprise ?
« En avril 2009. Je crée des décors pour des événements familiaux ou professionnels, je donne des cours d'art floral, je crée des objets, je propose des abonnements de décoration florale. Quant au nom, Adahy, c'est un prénom cherokee qui signifie "la vie dans les bois". Car je travaille aussi le bois, une racine qui traîne, un bois flotté... La nature a son atelier. J'interprète ce que je trouve et je le donne à l'interprétation des autres. »
Comment travaillez-vous ?
« À partir d'un support assez brut que je mets en contraste avec la délicatesse d'une fleur et sa fragilité. »
De quelle façon est venue votre participation à cette exposition au Colysée ?
« J'étais au dernier marché de Noël, à la ferme du Mont Garin. C'est là que la ville m'a contactée pour une expo sur le thème "Robes rêvées". »
Vous y présentez une unique pièce. une robe entièrement en végétal...
« Effectivement.. La partie jupe-jupon est faite de feuilles de bananier. Au départ j'avais pensé à des écorces de boulot, mais sa couleur n'était pas en accord avec celle de l'osier, qui constitue le support de la robe et qu'on voit dans la partie haute. En haut, pour le bustier, au coeur de l'osier, j'ai mis des fleurs fraîches, des renoncules, des roses blanches et des ornithogalums. Les ornithogalums donnent de petites fleurs blanches qui se renouvellent ; elles animent le bustier, qui change de jour en jour, comme la nature. J'ai également utilisé des chatons de saule pour figurer des lignes de vie. »
L'idée est le fruit de recherches, ou elle a surgi comme une étincelle ?
« C'est venu comme une flèche, en voyant le support en osier. C'est comme si je m'étais endormie dans la forêt et que la nature m'avait fait cette robe pour que je la trouve à mon réveil.
Vous donnez des cours d'art floral...
« Par eux j'offre un moment de pause, un moment pour décompresser, voyager autrement que physiquement, partager une histoire avec la nature. »
Contact : 06 99 39 07 79 contact@adahy.fr www.adahy.fr













