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Mélanie, 20 ans, est partie pour trois ans d'apprentissage... de la soudure

mercredi 14.07.2010, 05:08 - PAR NATHALIE WAROUX

 Mélanie et M. Blanpain, un duo de choc salué par un prix aux Trophées de l'apprentissage. Mélanie et M. Blanpain, un duo de choc salué par un prix aux Trophées de l'apprentissage.

LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ

Elle a tout juste 20 ans. Était vouée à un métier se rapprochant de la vente ou du secrétariat, comme le voulait les études qu'elle a suivies. Finalement, ce petit bout de femme a opté pour la soudure... un métier « d'homme » qu'elle aborde sans complexe grâce à un contrat d'apprentissage rondement mené.

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Heureusement que Mélanie n'était pas présente à la remise des trophées de l'alternance à Marcq-en-Baroeul, elle aurait sans doute rougi jusqu'aux oreilles en recevant un prix l'associant à son employeur M. Blanpain, des Forges de Villers-Sire-Nicole. Sur 52 prétendants, seuls douze « duos » ont été récompensés, dont certains provenant de quatre entreprises de moins de 20 salariés comme celle qu'a intégrée Mélanie. C'est dans la catégorie, « embauche d'une femme dans un métier technique »... en l'occurrence la soudure. Un grand écart que la jeune femme assume « parfaitement ». Après une petite expérience dans le secrétariat, Mélanie s'est vite aperçue que cela ne « lui correspondait pas ». La jeune femme a alors eu l'opportunité de faire des stages dans un domaine « radicalement différent, l'électricité ». Cela semblait déjà lui correspondre un peu mieux. Jusqu'à ce que « je découvre la soudure avec une pré-qualification en industrie d'août à novembre 2009 » réalisée justement aux Forges de Villers-Sire-Nicole, chez M. Blanpain, pour obtenir une licence soudure semi-automatique.

Ce qui a séduit Mélanie dans la soudure, le fait de souder vous dira-t-elle mais pas seulement, bien que souder pour souder ne l'intéresse pas, comme elle l'explique. Ce qu'elle aime c'est « fabriquer quelque chose, de passer de la matière première jusqu'au produit fini ». Ce qu'elle peut aujourd'hui faire chez son employeur. C'est ce qui l'a aussi poussé à passer par le contrat d'apprentissage, plutôt que par la voie dite « traditionnelle ».

Son employeur aussi est content. « J'avais déjà fait l'expérience avec sa soeur, explique-t-il, je savais que c'était quelqu'un qui avait envie de travailler ». L'homme avoue aussi n'avoir eu aucune appréhension au départ sur le fait de prendre sous son aile une femme comme soudeuse. « J'ai vu passer pas mal d'apprentis, des garçons pour tout dire, et franchement peu d'entre eux avaient la même motivation », poursuit-il. « Je n'ai pas besoin de lui dire à quelle heure elle doit être là, ni même ce qu'elle a à faire ... » « Mais y'a toujours quelque chose à faire, rebondit Mélanie, j'aime pas rester à rien faire... ».

Le duo fonctionne si bien que Mélanie est aujourd'hui partie pour trois ans d'une (grande) aventure qui la mènera non seulement à multiplier les diplômes mais pourquoi pas à avoir une embauche à la clé, car « le but n'est pas de former pour les voir s'en aller », explique M.

Blanpain, qui ne cache pas son envie de poursuivre avec Mélanie. Un dernier « Je vais me battre pour ça ! » de la jeune femme nous fait penser que c'est bien parti pour. •

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