Jacqueline Mille cultive son amour du safran pour la deuxième année
vendredi 16.07.2010, 05:08 - PAR KATHLEEN JUNION
Jacqueline Mille plante 250 bulbes de safran pour obtenir ce que contient le flacon à ses pieds. LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ
À Ennetières-en-Weppes, Jacqueline Mille est passionnée de fleurs depuis toujours. L'année dernière, elle s'est lancée dans la culture du safran : une épice rare, donc chère. Mais, avec sa petite parcelle, elle ne peut prétendre à vivre de sa récolte. Ce qui compte pour elle : c'est partager son amour des fleurs.
Lorsqu'il affiche plus de 30 000 euros le kilo, le safran coûte plus cher que le caviar ou la truffe. Ce n'est pas pour rien qu'il est surnommé « l'or rouge ». Cultivé en Inde, en Iran et au Maroc, il apparaît de plus en plus sur les terres agricoles françaises. À Ennetières-en-Weppes, Jacqueline Mille figure parmi les rares productrices référencées du Nord - Pas-de-Calais.
C'est en voyant un reportage sur la plus grande exploitation de France (un hectare), située dans le Limousin qu'elle a décidé de se lancer dans l'aventure de l'or rouge. Mais loin de la surface limousine, Jacqueline Mille s'est contentée de 125 m². « C'est déjà beaucoup de travail, car tout se fait à la main, le safran est très fragile et ne supporte pas les outils mécaniques », souligne-t-elle.
Alors que les vacanciers préparent leurs valises, Jacqueline Mille est en plein travail. « Le crocus sativus (nom latin du bulbe de safran), est une plante à floraison inversée, c'est-à-dire qu'on la plante en juillet et qu'on la récolte en octobre, novembre donc c'est le moment où jamais », précise-t-elle en s'attaquant à sa deuxième rangée de crocus. Et il va en falloir des bulbes car la récolte est plutôt maigre. « L'année dernière j'ai planté 250 bulbes qui m'ont donné autant de fleurs et j'ai obtenu un gramme de safran », commente-t-elle avec son pot d'or rouge entre les mains. Il faut dire que sur un bulbe pousse une à deux fleurs les premières années et sur chaque fleur, seul le pistil divisé en trois stigmates orangés donne le safran, d'où sa rareté. Ajoutez à cela le fait qu'un bulbe coûte entre cinquante centimes et un euro et l'explication de son prix est toute trouvée.
Avec son gramme de safran, Jacqueline Mille pourra obtenir au moins... 30 E mais ce n'est pas l'argent qui la motive. « Je voudrais organiser des visites de ma petite exploitation lors de la récolte en octobre et novembre pour montrer aux gens cette belle fleur mauve », précise-t-elle émerveillée comme envoûtée par cette épice.
Une passion dévorante
Jacqueline Mille n'explique pas sa passion pour le safran. Fleuriste de formation, elle vend des fleurs séchées depuis une dizaine d'années et elle est tombée sous le charme de cette fleur si rare et précieuse. Il n'y a que la passion qui peut lui donner le courage de semer, récolter à la main chaque fleur puis extraire à la pince à épiler le filament orange contenu dans chaque stigmate. « Il faut une sacrée dose d'huile de coude pour récolter cette fleur », s'amuse-t-elle. Patiente, curieuse, Jacqueline Mille est toujours en recherche d'informations et reste optimiste : « J'espère que j'arriverai à me faire un complément de revenus avec cette récolte d'ici à quelques années. Pour l'instant je m'amuse, je tâtonne mais je m'enrichis grâce à cette fleur aux mille vertus ».













