« La transmission des expériences pour fil conducteur »
lundi 08.03.2010, 05:06 - PAR BRUNO DERAM
TOURCOING
C'est aujourd'hui la journée de la Femme, avec une innovation à Tourcoing. Plutôt que d'étaler rencontres et festivités sur plusieurs jours, comme les années précédentes, tout se déroulera ce lundi-même. Et en un seul lieu : la mairie. Claudie Haquette, adjointe aux droits des femmes, nous en dit plus.
La formule précédente, sur plusieurs jours et en plusieurs endroits, ne fonctionnait pas ?
« Si, mais comme à l'origine, nous avons voulu revenir à la Journée de la femme. Que ce soit un temps fort, plus resserré et plus visible. »
Y a-t-il une ligne directrice, un thème pour cette journée 2010 ?
« Avec le collectif femmes (*), nous avons voulu évoquer le chemin parcouru, les conquêtes obtenues. "Générations, expériences, transmission des valeurs" : le thème s'est alors imposé... Les jeunes filles ne se rendent pas toujours compte des combats menés et remportés. Le droit de chéquier pour les femmes, c'est en 1935... Le droit de vote en 1944... L'autorité parentale conjointe, c'était il n'y a pas si longtemps... Il est important de faire valoir ces acquis. La transmission des expériences, c'est un fil conducteur que l'on retrouvera dans cette journée. Avec l'association GrandParEnfant, sur le thème"Quelle femme vous a le plus marquée ?". Avec les témoignages de femmes actives, proposés par la maison de l'emploi. Ou les témoignages de femmes immigrées, sur leur intégration, à l'initiative de l'association Le Renouveau... »
Comment la ville agit-elle en faveur des femmes ?
« J'évoquerai deux actions. D'abord, le travail sur les violences conjugales. Avec tous les partenaires de la ville qui touchent de près ou de loin à l'accompagnement des femmes, nous soutenons, depuis 2006 déjà, l'action de l'ARS (Accueil et réinsertion sociale), qui a créé à Tourcoing une structure pour les femmes battues par leur mari ou compagnon. Et nous projetons d'aider l'ARS à ouvrir un deuxième local, pour l'accompagnement des auteurs. La deuxième action, nous la menons pour réduire les violences dans les collèges, pour apprendre aux garçons le respect des filles. Il faut entendre comment les collégiens de 13 ans parlent des filles, comment ils les considèrent ! Avec les partenaires (Éducation nationale, Association Brunehaut, Association pour la vie, Cie Isabelle Courbot), nous intervenons à Saint-Gabriel, Mendès-France, Marie-Curie... sous forme d'expositions, de BD et d'ateliers théâtre interactifs. Pour 2011, nous avons un projet auprès de femmes de 20 à 45 ans souffrant d'un handicap social. Des femmes seules pour élever leurs enfants, des immigrées ne sachant ni lire, ni écrire... Nous préparons des ateliers avec les centres sociaux et le CIDFF. Au fur et à mesure de cette démarche de réinsertion, les femmes seront filmées pour mesurer leur évolution. »
Il y a eu des avancées. mais le combat pour les femmes n'est pas terminé. Êtes-vous optimiste ?
« Il reste plein de choses à faire. Pour le salaire des femmes et leur place au travail... Il y a encore les pensions de réversion insuffisantes pour nombre de veuves n'ayant pas travaillé... Autre problème : on est en train de faire machine arrière au niveau des centres IVG qu'il ne faut surtout pas fermer. Et que dire du manque de moyens pour la garde des enfants des familles monoparentales ? Que dire encore des menaces qui pèsent sur le poste en préfecture de déléguée aux droits des femmes, appelé à disparaître ? Je suis optimiste, d'une nature combattante, mais il faut vraiment rester vigilants. Et ce sont les jeunes que je veux absolument mobiliser. Nous, notre chemin est tracé... »
(*) - Il se réunit chaque mois et regroupe associations, centres sociaux, maison des associations, CIDFF (Centre d'information sur les droits des femmes et des familles), maison de l'emploi...













