Violences contre les femmes :« Leur dire qu'il y a des solutions ! »
jeudi 18.03.2010, 05:06 - PAR ISABELLE ELLENDER
Le CIDFF est à Marcq. Sur la photo: A. Pascal, BrigitteBersoux et Nicole Pousse. CIDFF
La lutte contre les violences faites aux femmes est déclarée « Grande cause nationale 2010 ». Le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles de Marcq va organiser des rencontres sur ce thème. La première a lieu vendredi à Lambersart. Le point sur ce CIDFF qui mérite d'être mieux connu.
Anne Pascale dirige le Centre d'information depuis octobre dernier seulement ; jeune femme sensible, discrète, qui « aime les choses carrées, les dossiers », elle forme avec la présidente du CIDFF un duo complémentaire et efficace. Car Nicole Pousse fait partie du centre, quasiment de sa création à Marcq, par Mme Guerrin, vers 1984 ; elle l'a même dirigé de 1986 à 2000 avant d'en devenir la présidente.
Toutes deux se réjouissent que la lutte contre les violences faites aux femmes ait été déclarée, pour 2010, « grande cause nationale » dans notre pays. Dans leur local, un appartement HLM de la rue Gabriel-Péri, elles reçoivent une majorité de femmes, même si depuis quelques années, leur champ de compétences s'est étendu à toute la famille (Lire ci-dessous).
« En 2009, nous avons reçu 149 femmes pour des faits de violence, dans nos permanences à Marcq, mais aussi dans sept autres communes : Marquette, Wambrechies, La Madeleine, Lambersart, Armentières, Faches-Thumesnil et Wattignies ».
« Notre mission consiste à écouter ces femmes, à les informer, les orienter. Mais aussi à les accompagner, de façon anonyme et gratuite ».
Il n'est pas rare de voir arriver au CIDFF des femmes au visage tuméfié. Parfois, la violence est moins visible, et c'est en parlant de leur divorce que certaines confidences se font jour... « Une femme meurt tous les deux jours en France sous les coups de son conjoint, et la violence touche tous les milieux sociaux, il faut le dire ! », insiste Nicole Pousse. « Vous savez, ces hauts cadres dynamiques, qui bossent 14 heures par jour... Eh bien, certains se déstressent en tapant leur femme le soir en rentrant ! », ajoute Anne Pascal. « Et quand on est femme de médecin ou d'avocat, on ose encore moins parler... » renchérit la présidente.
« Souvent, les femmes battues (comme tous les gens qui nous sollicitent, quel que soit leur problème) ne savent plus où elles en sont. Nous les remettons sur les rails, nous leur donnons des contacts. Nous les incitons à sortir du silence et leur disons "oui, il y a des solutions !" ».
Pour Anne Pascal, cette aide est essentielle : « La violence détruit la femme. Mais aussi, par ricochets, les enfants, même quand eux-mêmes ne se font pas frapper... » Des études ont montré à quel point la violence s'inscrit dans le cerveau humain : une même scène terrible va engendrer des signes sur d'une personne qui n'a pas été victime ; chez celle qui a subi des violences, calme plat... « C'est pour cela qu'une séparation, qu'un bon divorce vaut mieux que des violences subies, insiste la directrice du CIDFF. Très souvent, les femmes battues restent en pensant protéger leurs enfants. C'est en partant qu'elles les sauvent, pas en restant. »













